Ça n'arrive pas qu'aux autres - 3
Son corps dégouline. Elle a froid. Tentée de raccrocher pour retourner vers ce cadavre. Une question se faufile dans son esprit embué par l’angoisse : « est-ce que je le connais ? » La peur l’a, un temps, rendue obéissante. Elle répond encore à une question. Se rebelle. Raccroche. Ouvre la porte. Peut-être a-t-il disparu. Peut-être était-ce une hallucination. Toujours ce noir gluant des nuits sans lune. Elle avance. La lumière. Le corps allongé. La face tournée vers le sol.
Le téléphone sonne. Régine retourne lentement dans la maison. Cette chevelure. Elle connaît cette épaisse chevelure noire et bouclée. Et ces mains aux doigts sans fin. Elle répond. La standardiste est furieuse qu’elle ait raccroché. Régine tente de se justifier. Maladroite et fatiguée. Elle se laisse tomber dans le canapé :
- Sudesh ! C’est Sudesh !